Samedi 30 janvier 2021

28 et 30 ans de prison pour les accusés d'un double règlement de comptes à Marseille

La cour d’assises des Bouches-du-Rhône a condamné samedi à des peines de 28 et 30 ans de réclusion criminelle trois accusés - dont deux en fuite - jugés pour un double règlement de comptes commis sur le parking d’un établissement de restauration rapide.

Dans la soirée du 21 octobre 2016, armés d’un revolver et d’une Kalachnikov, le conducteur et le passager d’un puissant scooter tiraient sur les occupants d’une Clio stationnée devant un restaurant KFC de Marseille.

Le conducteur, un jeune homme handicapé âgé de 22 ans, et le passager arrière, un de ses amis âgé de 20 ans, étaient tués tandis que le passager avant jaillissait du véhicule pour prendre la fuite. Il a été miraculeusement épargné par les tirs d’un poursuivant.

Les auteurs avaient pris soin de récupérer une balise placée sous le véhicule des victimes mais ont perdu dans leur fuite une tablette permettant de suivre ce "tracker". Quelques kilomètres plus loin, sur les lieux de l’incendie du scooter contenant les armes ayant servi à la fusillade, ils ont réussi à fuir la police mais ont laissé tomber un casque, une cagoule et des gants portant des résidus de tir et des traces d’essence.

Très vite un témoin sous X et le passager survivant indiquaient que ce double règlement de comptes s’inscrivait dans le cadre de rivalités entre trafiquants de drogue.

L’enquête a en revanche montré que le passager arrière, atteint mortellement par sept balles n'avait rien à voir avec le trafic, étant seulement parti dîner ce soir-là avec un ami de la cité. Le témoignage de la mère de cette "victime innocente" a bouleversé la cour d‘assises.

Selon l'accusation, Sofiane Tatoui, de la bande des Oliviers, 24 ans, dont l’ADN a été retrouvé dans les gants et la cagoule, avait souhaité se venger après avoir été molesté, deux jours plus tôt par ses rivaux. L’avocat général Christophe Raffin avait réclamé trente de réclusion criminelle, "voire la perpétuité" contre les trois accusés.

M. Tatoui et Boualem Mekboul auraient été "autorisés" à se venger par l’un des patrons du réseau des Oliviers, Kamel Meziani, qui leur aurait fourni les armes.

Boualem Mekboul et Kamel Meziani, toujours en fuite, ont été condamnés par défaut à trente ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de vingt ans. Seul accusé présent dans le box, Sofiane Tatoui, qui a répété n’avoir "rien à voir avec ces faits", a écopé de 28 ans.

Moins d’un mois après ce règlement de comptes, un adolescent de 15 ans, accusé par la rumeur d’avoir "donné le go" aux tueurs était enlevé et exécuté avant que son corps ne soit incendié. Un quatrième homme poursuivi pour association de malfaiteurs a été abattu, le 25 octobre 2020, dans une rue de Marseille.

"42% des règlements de compte commis chaque année en France se déroulent dans les Bouches-du-Rhône", a rappelé l'avocat général. L'année 2016 avait été une année noire, avec 29 morts.