Jeudi 21 janvier 2021

Charte de l'Islam: le CFCM dénonce "la sortie unilatérale" des dissidents

Le président du CFCM, Mohamed Moussaoui a déploré jeudi "la sortie unilatérale" de trois fédérations de son organisation qui refusent toujours de signer en l'état la charte de l'islam de France, malgré un accord arraché par l'exécutif.

"Par ces actions répétitives, les fédérations composant le CFCM risquent d'être rendues toutes responsables de cette situation de division préjudiciable à l'organisation du culte musulman", a déploré M. Moussaoui dans un communiqué.

Ce refus "n'est pas de nature à rassurer nos coreligionnaires sur l'état des instances représentatives du culte musulman", poursuit le président du Conseil français du culte musulman.

Le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF) ainsi que Millî Görüs (CIMG) et le mouvement Foi et Pratique, proche des prédicateurs rigoristes du Tabligh, ont expliqué mercredi soir refuser de signer un texte qui selon elles risque de "fragiliser" la confiance à l'égard des musulmans.

Selon une source proche du dossier, les principaux points de désaccord exprimés par ces fédérations portent sur deux problématiques qui les concernent particulièrement : la définition des "ingérences" étrangères et la définition précise de l'islam politique.

"Certaines déclarations portent atteinte à l’honneur des musulmans, avec un caractère accusatoire et marginalisant", avaient ainsi estimé les trois fédérations dans un communiqué commun, sans préciser lesquelles.

Réclamée par Emmanuel Macron dans la foulée de son offensive contre le "séparatisme", "la charte des principes pour l'islam de France" a été paraphée dimanche par cinq des neuf fédérations du CFCM après des semaines d'une crise interne qui semble se poursuivre.

Après son adoption formelle, ce texte avait été salué lundi par le chef de l'Etat comme un "engagement net et précis en faveur de la République", à l'issue d'une réunion à l'Elysée, et ouvre la voie à la création d'un Conseil national des imams (CNI) chargé de "labelliser" les imams exerçant en France.