Mercredi 20 janvier 2021

Covid-19: les stations de ski bientôt fixées, les étudiants mobilisés

Par Andréa BAMBINO

Ni restrictions supplémentaires, ni allégements : après un nouveau Conseil de défense sanitaire tenu mercredi matin, la France s'oriente vers un statu-quo des restrictions pour freiner l'épidémie de Covid-19, au grand dam des stations de ski, ou des étudiants, qui protestent contre leurs conditions de vie.

Il n'y aura "pas d'évolution des restrictions nationales cette semaine", a indiqué à la mi-journée le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à l'issue du Conseil des ministres, sans se prononcer sur d'éventuels allègements.

Le 20 janvier devait initialement marquer la date de réouverture des bars et des restaurants, selon le plan de déconfinement progressif présenté fin novembre par Emmanuel Macron.

Désormais, les gérants de débits de boisson n'espèrent pas accueillir de clients avant longtemps, pas plus que de visiteurs pour les lieux culturels.

Seules les stations de ski attendent de savoir, avec de faibles espoirs, si elles pourront remettre en route leurs remontées mécaniques durant les vacances scolaires de février. Bruno Le Maire annoncera "lui-même aux professionnels (de ce) secteur, d'ici à la fin de la semaine", les décisions de maintien ou de levée de restrictions, a précisé M. Attal.

- "Mars très dur" -

Mais la situation sanitaire est loin de s'améliorer, même si la France n'atteint pas le niveau dramatique du Royaume-Uni, où un record quotidien de 1.820 morts a été enregistré mercredi.

Mardi, le nombre de malades du Covid-19 accueillis en un jour dans les services de réanimation est repassé au-dessus des 300, ce qui n'avait plus été le cas depuis le 19 novembre, à la sortie de la deuxième vague. Sur les sept derniers jours, plus de 10.000 nouvelles hospitalisations ont été enregistrées, un indicateur qui progresse également. Le niveau des décès à l'hôpital reste stable, à 373 morts mardi, soit un bilan total de 71.342 morts depuis le début de l'épidémie (hôpital et Ehpad confondus).

"Nous avons un plateau qui est globalement ascendant, il n'y a pas de à ce stade de hausse exponentielle de l'épidémie dans notre pays, comme celle que l'on constate chez nos voisins, mais évidemment il y a une vigilance absolue", a expliqué Gabriel Attal, en rappelant que si "la situation (continuait) de se dégrader, évidemment nous (prendrions) les mesures nécessaires pour protéger les Français face à ça".

La cheffe de service des maladies infectieuses à l'hôpital parisien Saint-Antoine, Karine Lacombe, a pour sa part affirmé sur BFMTV s'attendre "à ce que le mois de mars soit très dur" avec la propagation attendue du variant britannique.

La question des contrôles sanitaires aux frontières intra-européennes doit en outre être abordée jeudi lors d'un Conseil européen. "La France (y) est favorable", a soutenu le porte-parole du gouvernement.

- Pavés ou Xanax -

Dans ce contexte de crise qui n'en finit pas, les étudiants, privés de cours en amphi depuis plus de deux mois, étaient appelés par l'Unef et d'autres organisations politiques et syndicales de gauche à descendre dans la rue mercredi pour faire entendre leur voix, sur fond d'isolement et de conditions de vie détériorées. Des rassemblements ou manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de France, comme à Paris.

"Je ne peux que les encourager à troquer le Xanax (un médicament anxiolytique, NDLR) pour les pavés, que leur vitalité se répande partout dans le pays", a tweeté le député de la France insoumise, François Ruffin.

Emmanuel Macron, qui se rend jeudi à l'université de Paris Saclay, pourrait annoncer de nouvelles mesures d'accompagnement, selon une source gouvernementale.

Le Premier ministre, Jean Castex, a pour sa part reconnu au Sénat que le gouvernement avait "le devoir d'accompagner ces situations parfois difficiles" et qu'il l'avait "fait sur le plan pécuniaire, de l'emploi, de l'accompagnement psychologique".

Seul espoir de sortir de la crise, la vaccination de la population se poursuivait mercredi, au troisième jour de la campagne "grand public", réservée pour l'instant aux plus de 75 ans dans les centaines de centres montés à la hâte dans le pays. Mais sur le terrain, les élus locaux se plaignent de devoir composer avec des rations de doses comptées au plus près.

Ainsi, plusieurs centres de vaccination du Bas-Rhin ont vu leur date d'ouverture repoussée d'une semaine à cause de "diminutions de livraisons des vaccins Pfizer sur les deux prochaines semaines", selon l'Agence régionale de Santé (ARS) du Grand Est, qui a aussi évoqué des fermetures temporaires dans la Marne et la Haute-Marne, et des reports de rendez-vous.

Mardi soir, la Direction générale de la Santé a fait état d'un bilan de 586.000 doses de vaccin déjà injectées sur près de 2 millions disponibles. Le rythme devrait encore s'accélérer dans les prochains jours, avec 160.000 piqûres attendues cette semaine dans les maisons de retraites et 330.000 vaccinations hors Ehpad.

Rare bonne nouvelle: le vaccin de BioNTech/Pfizer semble efficace contre le variant anglais, selon les résultats de deux études préliminaires mises en ligne mercredi.