Jeudi 11 mars 2021

Covid-19: priorité aux transferts de patients plutôt qu'au confinement

Par Pierre CELERIER

La pression dans les hôpitaux, et notamment les services de réanimation, est toujours forte et oblige à des transferts de malades du Covid-19, une situation tendue sur laquelle le ministre de la Santé Olivier Véran fera le point jeudi en fin de journée.

La France est "toujours sur une ligne de crête", a résumé mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

Les autorités sont confrontées à une tension croissante sur les services de réanimation, mais souhaitent aussi écarter de nouveaux confinements, au coût économique et social important.

Sur toute la France, 3.918 malades étaient en réanimation, selon les derniers chiffres mercredi soir. Un niveau éloigné des pics de la première (7.000 au printemps) et de la deuxième vague (4.900 à l'automne). Mais le rythme des admissions s'est nettement accéléré depuis la mi-janvier.

M. Véran devrait détailler jeudi à 18H00 les mesures envisagées pour soulager la pression dans les régions les plus vulnérables.

Au premier chef l'Ile-de-France, où les services de réanimation soignaient mercredi 1.034 patients, pour "moins de 1.050" lits disponibles selon l'ARS.

Cette dernière a donné l'"ordre ferme" aux hôpitaux et cliniques de déprogrammer 40% de leurs activités médicales et chirurgicales pour atteindre une capacité de 1.577 lits de réanimation.

- Fatigue croissante -

Gabriel Attal a aussi annoncé mercredi "un certain nombre d'évacuations sanitaires" d'Ile-de-France vers d'autres régions. Quatre patients venant de Nice et deux venant d'Aix-en-Provence ont été transférés mercredi et jeudi à Toulouse, Cahors et Tarbes, selon le CHU de Toulouse.

Après sept semaines de couvre-feu à 18h en métropole et plus de quatre mois de fermeture pour les restaurants, bars, lieux culturels et salles de sport privées notamment, l'exécutif veut tout faire pour éviter un confinement strict de l'hexagone comme au printemps.

Les considérations économiques ont sans doute joué alors qu'en un an la pandémie a coûté 360.000 emplois. Et que l'Etat a déboursé plus de 300 milliards d'aide l'année dernière.

Signe d'une fatigue croissante face aux restrictions, le mouvement d'"occupation" des théâtres pour réclamer la réouverture des lieux culturels s'est étendu jeudi au théâtre toulousain de la Cité.

Le gouvernement a annoncé jeudi de nouvelles mesures pour l'emploi dans le secteur culturel et l'accès des intermittents aux congés maladie et maternité.

"J'ai obtenu du Premier ministre que 20 millions supplémentaires soient mobilisés pour soutenir les équipes artistiques en région, aider les plus fragiles, préparer la reprise qui se profile mais aussi accompagner les jeunes diplômés (...)", a affirmé à l'AFP la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot.

Ces vingt millions s'ajouteront aux 30 millions d'euros déjà prévus dans le plan de relance pour 2021.

A défaut de confinement national, des confinements locaux le week-end restent en vigueur, comme dans les Alpes-Maritimes ou à Dunkerque et dans le Pas-de-Calais.

- 10 millions d'injections -

A Mayotte en revanche, il sera levé progressivement à partir du 15 mars, après cinq semaines qui ont permis d'inverser la courbe de l'épidémie.

A Wallis et Futuna, on attend au moins 18.000 doses de vaccins pour protéger la population, jusqu'alors épargnée par le virus.

Par ailleurs, la France a décidé de supprimer l'obligation de "motif impérieux" pour les voyages vers et en direction de sept pays hors-Union européenne, dont la Grande-Bretagne, compte tenu de la circulation déjà très forte du variant britannique.

Les autorités parient sur une accélération de la campagne de vaccination, avec un objectif de 10 millions de premières injections d'ici mi-avril.

Mais cette campagne reste tributaire d'une régularité des approvisionnements toujours fragile, des réticences à se faire vacciner, et de la coordination entre les acteurs.

La décision du Danemark, de l'Islande et de la Norvège de suspendre l'utilisation du vaccin AstraZeneca à cause de craintes liées à la formation de caillots sanguins pourrait alimenter la défiance envers ce vaccin.

A terme, la France disposera toutefois d'un quatrième vaccin, après l'autorisation européenne accordée jeudi à celui de Johnson & Johnson.

Parallèlement, le gouvernement tente de calmer la grogne des médecins libéraux, après la décision de les priver de commandes de doses cette semaine au profit des pharmaciens, qui commenceront à vacciner le 15 mars. Le Premier ministre Jean Castex a assuré mercredi qu'1,1 million de doses supplémentaires "seraient disponibles" en fin de semaine.

Avec 266 nouveaux morts du Covid-19 comptabilisés mercredi dans les hôpitaux, le bilan total frise les 90.000 depuis le début de l'épidémie, il y a un an.