Mercredi 17 février 2021

Covid-19: statu quo attendu au Conseil de défense sanitaire

Par Hugues HONORÉ

Un nouveau Conseil de défense sanitaire mercredi devrait entériner le statu quo face à l'épidémie de Covid-19 en France, avec des contaminations qui se sont stabilisées à un niveau élevé.

Le choix de ne pas confiner et de parier sur le couvre-feu à 18h00 semble devoir rester la ligne de l'exécutif.

"Il ne faut pas prendre de mesures exceptionnelles car on voit bien aujourd'hui que le plateau est maîtrisé, que notre capacité hospitalière répond présent, que le nombre de personnes en réanimation a baissé, de peu", a affirmé le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, Christophe Castaner, mercredi sur France 2.

"Il nous faut rester extrêmement vigilants, attentifs", a-t-il ajouté, avant le Conseil de défense. Et "personne ne peut prédire ni le pire, ni le meilleur".

Les hôpitaux restent fortement sollicités, comme le fait remarquer une note de la Direction générale de la santé de mardi.

"La situation épidémique est préoccupante avec la persistance de fortes tensions des services hospitaliers dans les régions de l'Est, conjuguée à une progression importante du virus et de la sollicitation de l'offre de soins dans les régions de l'Ouest, dans un contexte de circulation de plusieurs variantes du SARS-CoV2" (le virus apparu en 2019), indique la DGS dans cette note.

D'après cette branche du ministère de la Santé, "les effets sur le système de santé sont difficilement évaluables à ce stade".

Le nombre de patients hospitalisés en réanimation, atteints donc de formes graves, était mardi de 3.338, au plus haut depuis une semaine, et en progression de plus d'un quart par rapport à début janvier.

Quant au nombre de nouveaux cas, il dépasse 18.000 par jour en moyenne sur la semaine écoulée, loin au-dessus des niveaux nécessaires pour espérer tout relâchement des mesures contraignantes.

- "Apprendre à vivre avec" -

Certains scientifiques sont même pessimistes dans leurs prévisions, comme des chercheurs de l'Inserm qui constatent que "la souche historique du SARS-CoV-2 décroît alors que la progression du variant britannique s'intensifie".

Ce variant beaucoup plus contagieux "pourrait devenir dominant en France la dernière semaine de février ou la première semaine de mars, avec de grandes disparités régionales", prédisent ces chercheurs, dans une étude publiée lundi. Ils recommandent "un renforcement des mesures de distanciation sociale".

Ce n'est pas la direction prise, et au contraire, M. Castaner a salué les expérimentations à venir de concerts avec public, qui pourraient "nous apprendre à vivre avec le virus et nous donner un horizon positif".

Quatre nouveaux membres ont été nommés mercredi au Conseil scientifique, qui aide à élaborer la stratégie du gouvernement.

Est à noter l'entrée d'un vétérinaire, Thierry Lefrançois. "Les dernières décennies ont été marquées par des crises sanitaires qui ont souvent mis en évidence l'interdépendance entre l'animal, l'humain et les écosystèmes", a commenté le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie dans un communiqué.

Les trois autres médecins qui intègrent ce conseil sont une infectiologue, Catherine Chirouze, une pédopsychiatre, Angèle Consoli, et le président de la Société française de gériatrie Olivier Guérin.

La vaccination continue à un rythme qui peine à rattraper la demande: selon la DGS, 4,4% des majeurs en France ont reçu une première injection, soit 3,16 millions de personnes.