Vendredi 12 mars 2021

Covid: l'ANSM recommande la poursuite de la vaccination avec AstraZeneca

AFP - JOEL SAGET

L'Agence du médicament ANSM recommande formellement vendredi de continuer la vaccination anti-Covid avec le vaccin AstraZeneca, suspendue provisoirement et par précaution par plusieurs pays européens en raison de troubles de la coagulation, dont un cas en France, sans aucun lien établi avec l'injection.

La veille, le ministre de la Santé Olivier Véran avait déjà estimé qu'il n'y avait pas lieu de suspendre ce vaccin dans le pays.

La France a relevé et analysé "un cas de thromboses (caillots sanguins) multiples" dans le contexte d'une "coagulation intravasculaire disséminée (CIVD)" (pouvant survenir par exemple lors d'une infection ou d'un cancer, ndlr), indique vendredi l'ANSM dans un point sur la surveillance des vaccins anti-Covid.

"Rien ne permet de conclure que cet effet soit en lien avec le vaccin" d'AstraZeneca, assure l'agence sanitaire française.

L'ANSM souligne qu'avec le réseau français des centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV), elle porte "une attention toute particulière à ces évènements thrombo-emboliques".

Une enquête approfondie de l'Agence européenne du médicament (AEM) est également en cours. Cette dernière a indiqué mercredi avoir recensé "30 cas en Europe parmi 5 millions de personnes vaccinées avec le vaccin AstraZeneca". L'EMA ajoutait que le nombre de cas de ces troubles n'est "pas supérieur chez les patients vaccinés au nombre observé dans la population générale". Relevant qu'actuellement il n'y a "aucune indication" que la vaccination ait provoqué ces troubles, le régulateur européen a recommandé de poursuivre la vaccination avec le vaccin AstraZeneca.

L'ANSM "partage" cette recommandation, tout en indiquant que de nouvelles données pourraient l'amener à réviser cette position.

L'agence sanitaire note par ailleurs qu'"à ce jour, il n'y a pas de signal de sécurité avec le vaccin Moderna".

Elle évoque pour celui BioNTech-Pfizer un "potentiel signal" avec la survenue, après la 2e dose, d'"une récidive de thrombopénie", une diminution des plaquettes qui sont des cellules sanguines jouant un rôle essentiel dans la coagulation.