Vendredi 05 février 2021

Dans les trains entre l'Allemagne et la France, la frontière se franchit avec test et attestation

Relations auditeurs

"Bonjour, passeport svp. Vous avez une attestation ?". Dans les trains entre l'Allemagne et la France, les policiers des deux pays accentuent les contrôles face à des voyageurs souvent en règle, mais un peu perdus devant les consignes anti-Covid-19 variables d'un pays à l'autre.

"Bonsoir. Qu'est-ce qu'il vous faut ?", demande aux policiers qui barrent la sortie du quai à l'arrivée d'un TGV en provenance de Stuttgart, une femme prête à déballer tout son sac pour présenter le papier qui convient. Le résultat d'un test PCR, en l'occurrence.

Depuis dimanche, les personnes qui souhaitent traverser la frontière pour venir en France doivent présenter un test négatif au Covid-19 réalisé dans les 72 heures précédentes.

Outre le contrôle systématique des arrivées internationales par avion, "on intensifie nos contrôles terrestres et ferroviaires pour vérifier l'application des dernières mesures sanitaires entrées en vigueur", indique la commissaire divisionnaire Charlotte Priestman, directeur interdépartemental de la Police aux Frontières (PAF) à Strasbourg.

Une exception au test de dépistage est faite pour les déplacements de moins de 24 heures dans un rayon de trente kilomètres autour du domicile et pour les travailleurs transfrontaliers.

En revanche, le couvre-feu à 18H00 côté français doit être respecté. Au-delà une attestation en bonne et due forme est nécessaire.

- Discernement -

Dans le train régional reliant la ville allemande de Kehl à Strasbourg en fin d'après-midi, les voyageurs sont rares. Tous devront présenter leurs papiers d'identité ainsi qu'une attestation de leur employeur aux trois fonctionnaires de la brigade des chemins de fer de la PAF, accompagnés de deux homologues de la Bundespolizei, la police fédérale allemande.

Avec le Covid-19, le contrôle des mesures sanitaires, "c'est au moins 40% de notre activité", estime le commandant de police, Marie-Annick Verbaere, cheffe de service de la brigade des chemins de fer zonale Est.

"Même si on nous demande d'être rigoureux, on le fait avec discernement", explique-t-elle.

Dans les trains transfrontaliers, les contrôles d'identité se font conjointement par les policiers français et allemands de la patrouille mixte. Les premiers vérifient l'application des règles sanitaires valables pour la France, tandis que les seconds contrôlent le respect de celles en vigueur dans l'Etat régional du Bade-Wurtemberg, voisin de l'Alsace et confiné à l'heure actuelle.

"Vous savez qu'en France il y a le couvre-feu ? Est-ce que vous avez une attestation ?", demande le policier à un jeune Allemand, qui n'a pas le fameux papier et explique qu'il travaille outre-Rhin et vient d'emménager à Strasbourg chez son amie. "Faites-le la prochaine fois", enchaîne avec indulgence le policier au voyageur qui échappe à l'amende de 135 euros.

- Trop de changements -

Sur le trajet de retour à son domicile alsacien, Anne Baltzer, DRH à Kehl, a présenté son attestation et sa carte d'identité, mais s'avoue parfois troublée par l'évolution constante des règles.

"Ce serait bien que ce soit un petit peu coordonné dans la région frontalière, (...) cela change vraiment trop souvent. Je ne sais plus quand j'ai le droit de sortir, à quelle heure, selon l'endroit où je suis, si j'ai le droit de faire des courses ou pas", déplore-t-elle avant de descendre en gare de Strasbourg.

Pour le contrôle à quai et à bord du TGV en provenance de Stuttgart, la patrouille mixte est renforcée par d'autres policiers de la PAF de Strasbourg pour vérifier le respect des règles du plus grand nombre de voyageurs possible lors des quelques minutes d'arrêt avant que le train ne poursuive son trajet vers Paris.

"La gare est un lieu de patrouille régulier, mais là il y a un motif de contrôle supplémentaire", indique Charlotte Priestman.

Si le port du masque dans les trains est largement respecté, l'obligation toute nouvelle d'effectuer un test PCR pour entrer en France nécessite encore de la pédagogie.

Lors de l'opération menée jeudi soir entre Strasbourg et l'Allemagne, les vingt policiers français et allemands mobilisés ont contrôlé 350 personnes, dont cinq verbalisées pour défaut de test PCR négatif.

En parallèle, la PAF continue ses missions habituelles: à la descente du TGV, deux Afghans en situation irrégulière ont été remis à la Bundespolizei pour être reconduits en Allemagne.