Samedi 06 mars 2021

Droits des femmes: plusieurs centaines de manifestants en France

Plusieurs centaines de personnes, en grande majorité des femmes, ont manifesté samedi à Nice, Lille, Strasbourg ou Paris, en préambule à la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, ont constaté des journalistes de l'AFP.

A Nice, la mobilisation avait été autorisée malgré le confinement de la ville durant le weekend. Derrière une banderole "Contre les violences sexistes et sexuelles", le cortège s'est élancé en début d'après-midi du centre-ville, sous le soleil, au chant de "Nous sommes fortes, nous sommes fières, des féministes radicales et en colère".

"On sera féministe tant que ce sera nécessaire et aujourd'hui c'est plus que jamais nécessaire", explique Kim, 38 ans qui ne souhaite pas donner son nom.

Tenant une pancarte "Tremble patriarcat", la trentenaire dit vouloir dénoncer "un système organisé qui tue" et évoque les femmes tuées sous les coups d'un homme.

En 2020, 90 femmes ont été tuées par leurs conjoints et ex-conjoints, contre 146 féminicides comptabilisés par le gouvernement en 2019.

"Nous nous battons pour qu'il y ait moins d'inégalités entre les hommes et les femmes dans le travail par exemple, mais aussi contre le harcèlement sexuel en milieu professionnel ou dans la vie de tous les jours", explique Alexia Dominey, 26 ans, coordinatrice du collectif "Nous Toutes" des Alpes-Maritimes.

Selon l'organisme européen des statistiques Eurostat, "les femmes sont payées, en moyenne, 14,1% de moins que les hommes" dans l'UE (chiffre de 2018).

"La charge mentale est portée presque toujours par les femmes", pointe également la jeune femme.

A Strasbourg, la manifestation était organisée par plusieurs collectifs, notamment le Witch Bloc et Super Momes, qui avaient appelé à une marche "en mixité choisie", fermée aux "hommes cisgenres" (nés et se définissant comme hommes). Plusieurs hommes ont d'ailleurs été écartés par le service d'ordre féminin de la mobilisation.

"On ne naît pas femme, mais on en meurt", "Plus de meufs, moins de keufs", ou "Le Patricarcat au feu, Darmanin au milieu", proclamaient les pancartes brandies par les manifestantes, qui scandaient "Un violeur à l'Intérieur, un complice à la Justice".

"On est mobilisé aujourd'hui pour dire que les chiffres des violences faites aux femmes ne baissent pas, et que les pouvoirs publics ne font pas leur travail", avance Emilie, 31 ans, membre du collectif "Nous Toutes".

"Il y a à peu près 200 femmes victimes de viol tous les jours en France. Si on avait 200 boulangers victimes d'agressions tous les jours, les pouvoirs publics seraient en première ligne", estime-t-elle.

Au sein du cortège, près d'un tiers des manifestantes étaient des militantes du Mouvement des femmes kurdes. Meryem Tekiner, leur porte-parole, a lancé un appel à "l'union des femmes du monde entier, pour la liberté et contre le fascisme".

A Lille, la marche, organisée par le "Collectif 8 mars", regroupant des associations féministes, a réuni entre 800 et 900 manifestants, selon l'estimation de la préfecture. Parmi leurs revendications figuraient la "fin de l'impunité pour les violences sexistes et sexuelles, et l'inceste" et la "PMA pour tou.te.s".

Le 8 mars est célébré depuis plus d'un siècle à travers le monde, journée symbole des luttes et revendications pour le droit des femmes, contre le sexisme et les inégalités face aux hommes.

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