Samedi 20 février 2021

Face à l’éventualité d’un confinement local, des Niçois résignés

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"On est pressés que ça se finisse": comme Simon Lemer, un étudiant de 24 ans, les Niçois sont lassés et résignés face à l'éventualité d'un reconfinement le week-end dans les Alpes-Maritimes, évoquée samedi par le ministre de la Santé face à la flambée locale du Covid-19.

Au cours d'une visite sur le thème du Covid long, la situation sanitaire locale a vite rattrapé Olivier Véran à Nice, où le taux d'incidence est le plus élevé de France (700 pour 100.000 habitants). Le ministre a demandé aux élus d'évoquer dans le week-end avec le préfet des "mesures supplémentaires" qui pourraient aller "d'un couvre-feu renforcé à un confinement local le week-end".

"Quand j’ai appris la nouvelle, j’étais complètement le moral miné, on n’en peut plus, on commence à en avoir ras-le-bol", reconnaît Jesus Scott, 38 ans, employé dans l'hôtellerie: dans les rues de la 5e ville de France, le coup est rude, plus d'un an après l'entrée du Covid dans la vie des Français, qui ont déjà vécu deux confinements.

"On bosse la semaine, le week-end on fait tout vite avant 18H00, on va respecter, c’est une évidence, mais ça commence à être très difficile, même pour nous qui faisons de la méditation", avoue Sophie Valette, 48 ans, directrice commerciale d’hôtel.

"On commence à péter les plombs. Mais bon, on suivra, bien sûr, s'il y a un confinement, mais ça va être dur", lâche-t-elle.

Les bras chargés de ses courses du samedi, Simon Lemer tente de voir le bout du tunnel: "Si on est confinés, c'est mieux peut-être pour passer l’été tranquille et qu’on sorte de cette situation".

- Les touristes dans le viseur -

Sur la coulée verte, vaste promenade où de nombreuses familles s’étaient rassemblées samedi près des aires de jeux pour enfants, Rasdi Khan, 44 ans, tient une petite boutique d'artisanat indien.

"C’est déjà pas évident en ce moment de travailler, de payer tout. Mais après, si on confine, et que ça s’arrête pour de bon, je préfère ça plutôt que continuer comme maintenant, où nous sommes obligés de commencer à rentrer tout à partir de 17 heures", estime le commerçant.

Anouk Aubert, 36 ans, gère une librairie-café et craint de tout perdre, "de ne pas arriver à avoir les reins assez solides": "Ca va faire huit mois de fermeture de la partie café avec zéro aide, en plus on nous a enlevé l’heure 18H00-19H00 qui parfois fait la journée. Si maintenant on nous enlève le samedi parce qu’on nous confine, je ne sais pas ce qu'on va faire".

Mais le maire LR de la ville Christian Estrosi se dit persuadé que ses administrés adhèreront à un renforcement des mesures.

"Ma seule préoccupation, c’est la santé. Il est plus important aujourd’hui de sauver des gens que de se soucier de ceux qui auraient réservé des billets de train et ne pourraient plus venir", assure l’élu, qui semble pencher pour la solution d'un confinement le week-end.

Car pour lui cette disposition conduirait "des gens qui étaient tentés de réserver une destination ici à être découragés, et en même temps elle dissuade(rait) ceux qui prennent des risques en se rassemblant à 10, 15 ou 20 le week-end".

Christian Estrosi avait déjà tenté, sans succès, d'interdire les locations saisonnières en cette période de vacances scolaires. La justice administrative puis le Conseil d'Etat ont retoqué cette mesure.

"Avec un taux d’incidence à 720, la saturation des hôpitaux, 50% de variant britannique dont on sait qu’il est 70% plus contagieux, si on ne prend aucune mesure, ça ne peut que nous amener à une situation épidémique qui serait catastrophique", insiste l'élu.

À l’issue de la concertation, une annonce pourrait être faite d'ici lundi pour une mise en oeuvre, espère M. Estrosi, "la plus rapide possible".