Mercredi 31 mars 2021

Fermeture des écoles ? Macron tranche à 20H00 face à la 3e vague de Covid-19

Par Paul AUBRIAT, Laurence BENHAMOU, Jérôme RIVET

POOL/AFP/Archives - BENOIT TESSIER

Fermeture des écoles pour un mois, déplacements limités sur tout le territoire mais pas de confinement strict: Emmanuel Macron doit trancher face à la troisième vague de Covid-19 et l'annoncera aux Français à 20H00 mercredi.

Le "totem" de l'ouverture des écoles pourrait être bousculé si décision était prise d'avancer les vacances de printemps prévues à partir du 10 avril et d'utiliser les cours à distance d'ici là. Les écoles fermeraient alors dès vendredi soir. Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a laissé entendre que la fermeture était imminente mercredi au Sénat: "C’est une chance pour la France que d'avoir eu ses écoles ouvertes de septembre à aujourd’hui". "Très peu de pays ont fait cela", a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat pourrait aussi annoncer une extension de la vaccination à des professions exposées comme les enseignants ou les policiers.

Parmi les autres mesures envisagées, figure l'interdiction de se déplacer hors de son département sur l'ensemble du territoire à partir de la fin du week-end de Pâques. Ou encore l'extension à l'ensemble du territoire des mesures jusqu'ici appliquées aux 19 départements en zone rouge, toujours en cours d'arbitrage selon plusieurs sources gouvernementales.

Alors que plus de 5.000 patients sont en réanimation, au-delà du pic de la deuxième vague de novembre, les Français sont suspendus aux arbitrages du chef de l'Etat, après un Conseil de défense au cours duquel "des décisions ont été actées", selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Signe de l'importance de ces annonces, le Premier ministre Jean Castex prononcera jeudi une déclaration, qui sera suivie d'un débat et d'un vote devant les deux chambres du Parlement "sur l'évolution de la situation sanitaire".

"Nous avons des semaines difficiles devant nous", a répété le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, en précisant que les nouvelles mesures tiennent compte "de la dynamique de l'épidémie" mais aussi de leurs conséquences "sur le moral de nos compatriotes, sur l'éducation de nos enfants et sur l'activité dans notre pays". "Mais le facteur clé de nos décisions reste la situation de nos hôpitaux", a-t-il ajouté.

- Les écoles en vacances? -

Ces derniers jours, les appels à la fermeture des écoles, "des lieux majeurs de la contamination", souligne le Pr Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale de l'université de Genève, se sont multipliés dans le milieu éducatif et la classe politique.

La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse (ex-LR) a regretté que sa proposition d'avancer les vacances, faite "il y a huit jours" n'ait "pas pu être retenue plus tôt". La maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a également demandé la fermeture des écoles dans la capitale au vu de la situation sanitaire "très grave" et de la "désorganisation très grande" dans les établissements.

Même si cette hypothèse n'est pas privilégiée par l'exécutif, une large majorité des Français - 70% - est favorable à un 3e reconfinement strict dans les régions les plus touchées et 81% s'attendent à ce qu'il soit prochainement mis en oeuvre, selon un sondage Elabe pour BFMTV.

- "Irresponsable" -

Moins de deux semaines après sa mise en oeuvre, l'effet de la stratégie "freiner sans enfermer" n'est pas encore totalement évalué, mais la situation sanitaire "se dégrade un peu partout sur le territoire", selon une source gouvernementale.

En comptant les malades du Covid et les autres, près de neuf lits de réanimation sur 10 (6.833 sur 7.665 à la date du 26 mars) sont actuellement occupés, selon le ministère de la Santé qui précise que "la montée en charge des capacités se poursuit dans toutes les régions".

Faute de mesures rapides, des médecins et des responsables hospitaliers ont averti du risque de devoir "trier" les malades.

Plus que jamais, Emmanuel Macron compte sur une arrivée massive de vaccins en avril pour surmonter la crise, en suivant l'exemple du Royaume-Uni qui commence à retrouver une vie normale.

Pour cela, il peut compter sur l'arrivée du quatrième vaccin, celui Johnson & Johnson, dont environ huit millions de doses du vaccin Covid-19 seront livrées d'ici à fin juin, dont 500.000 doses en avril, a indiqué le ministère de la Santé.

Jusqu'à présent, quelque 8,2 millions de premières doses et 2,8 millions de secondes ont été injectées en France.

La lenteur de la vaccination et l'absence de "mea culpa" pour avoir laissé la situation se dégrader sont les principaux griefs de l'opposition vis-à-vis d'Emmanuel Macron, un "roi thaumaturge" pour Olivier Faure (PS), n'ayant "aucune vision", selon Marine le Pen (RN) et qui se "comporte de manière totalement irresponsable", selon Jean-Luc Mélenchon (LFI). "Tout est concentré dans les mains d'un seul homme", raille aussi le chef des sénateurs LR Bruno Retailleau.

Sur le plan sportif, le Covid va priver Marseille de l'accueil des finales de Coupes d'Europe de rugby les 21 et 22 mai "afin de limiter les déplacements transfrontaliers", a annoncé l'organisateur.