Samedi 27 février 2021

La tapisserie de Bayeux devrait se refaire une beauté à partir de 2024

La tapisserie de Bayeux, qui évoque sur près de 70 mètres de longueur la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant, devrait subir des travaux de restauration à partir de 2024, a-t-on appris auprès du musée de cette localité du Nord-Ouest de la France.

Cette restauration devrait débuter "à l’horizon 2024 quand l’établissement muséal actuel devra fermer ses portes au public" en raison de travaux qui permettront la création d'un nouveau musée dont l'ouverture est prévue en 2026, a indiqué l'institution.

"Le but de cette opération sera de stabiliser les altérations structurelles telles les déchirures, de procéder à un dépoussiérage précis de l’œuvre et surtout de limiter les tensions pesant aujourd’hui sur la toile de lin médiévale, causées notamment lors de restaurations anciennes", précise le musée.

Ce chef d'oeuvre de la fin du XIè siècle avait fait l'objet en janvier 2020 d'un "constat d'état" effectué par des spécialistes. "Des préconisations de conservation ont pu ainsi être émises par la Conseil scientifique. Certaines altérations sont les témoins de l’Histoire de la Tapisserie de Bayeux, elles seront donc conservées à moins qu’elles ne constituent un risque d’aggravation de son état".

Par exemple, "la présence de trous de clous inhérents à d’anciens accrochages, des réparations de la toile réalisées dans le passé, ou encore des tâches de cire provoquées par l’éclairage à la bougie dans la cathédrale, ont pu être répertoriées", note l'institution.

Lors de cette expertise, "les 68,38 mètres de longueur de la Tapisserie ont fait l’objet d’un examen attentif. Chaque jour, chaque restauratrice étudiait environ 1 mètre de la broderie et de son support en toile de lin pour en analyser les dégradations".

La Tapisserie de Bayeux est classée Monument historique depuis 1840 et inscrite depuis 2007 au registre +Mémoire du Monde+ de l'Unesco.

Elle appartient à l’État et a été confiée en dépôt à la ville de Bayeux par Bonaparte en 1804. Elle est considérée aujourd'hui comme le plus important monument des arts textiles de la période romane, mais aussi comme un témoignage capital sur la conquête de l'Angleterre par le duc Guillaume de Normandie en 1066, rappelle le ministère de la Culture.