Dimanche 14 février 2021

Marine Le Pen "molle"? Des responsables LREM nuancent les propos de Darmanin

L'eurodéputé LREM Stéphane Séjourné a expliqué dimanche qu'il n'aurait pas qualifié Marine Le Pen de "molle", comme l'a fait Gérald Darmanin cette semaine, tandis que le délégué général du parti présidentiel Stanislas Guerini a tenté de justifier le terme.

Lors de leur débat télévisé jeudi soir, le ministre de l'Intérieur a accusé à plusieurs reprises la présidente du RN et candidate à l'Elysée de "mollesse", contre l'islamisme notamment.

"Je n'aurais pas utilisé ce terme", a déclaré M. Séjourné à Europe 1-Les Echos-Cnews. Selon ce proche d'Emmanuel Macron et ancien socialiste, Gérald Darmanin a "voulu dire" qu'elle était "floue".

"On a vu Marine Le Pen assez fidèle à elle-même" et "ce que dit Gérald Darmanin en creux, c'est qu'elle n'a pas beaucoup évolué", a-t-il appuyé.

"Elle était molle parce qu'elle était floue", a abondé M. Guerini, autre ex-PS, sur franceinfo. "Gérald Darmanin a permis de démasquer Marine Le Pen" qui "n'a absolument pas changé depuis 2017" d'après lui.

"N'interprétez pas le mot de Darmanin comme une connivence" avec Marine Le Pen, a défendu de son côté le patron des députés LREM Christophe Castaner sur France Inter-franceinfo-Le Monde: "je ne crois pas une seconde que Gérald Darmanin partage (ses) convictions".

L'objectif est d'ailleurs "qu'elle ne soit pas première au premier tour de la présidentielle", a-t-il souligné dans un entretien au Parisien.

La lutte contre le Rassemblement national est "le combat depuis le premier jour que nous menons", a insisté Stanislas Guerini.

Mais pour l'eurodéputé EELV Yannick Jadot, candidat potentiel à la présidentielle de 2022, ce débat jeudi soir était "sidérant" et "scandaleux": "ils nous ont fait la Saint-Valentin quatre jours avant la date", a-t-il fustigé sur BFMTV en jugeant "effrayant d'avoir un président de la République, un gouvernement, (...) dont la seule légitimité aujourd'hui revendiquée, c'est d'être le rempart à l'extrême droite".

Chez LFI, la députée Clémentine Autain a jugé sur BFMTV qu'"avec ce cours des choses", la France avance "vers une société pré-fasciste".

Emmanuel Macron "pourrait être demain le chemin le plus court qui pourrait nous mener à Mme Le Pen", a alerté sur France 3 le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, "choqué" par ce débat.

Stéphane Séjourné déplore lui que "personne ne s'attaque à Marine Le Pen dans les oppositions", y voyant "une forme de cynisme".

"Tout le monde pense qu'il faut décrocher Emmanuel Macron d'un 2e tour s'il se représentait, pour prendre sa place", et ainsi "tout le monde joue le deuxième tour face à Marine Le Pen", a-t-il analysé, en jugeant que "la bonne hygiène politique serait que les gens qui perdent les élections se retirent et laissent la place à une nouvelle génération".