Jeudi 26 novembre 2020

Meghan Markle révèle avoir fait une fausse couche en juillet

Meghan Markle, l'épouse du prince Harry, a révélé avoir fait une fausse couche en juillet dans une tribune publiée mercredi par le New York Times, au moment où le couple mène une bataille judiciaire contre les médias portant atteinte à leur vie privée.

"J'ai su, au moment où je serrais fort mon premier enfant dans mes bras, que j'étais en train de perdre le second", confie la duchesse de Sussex.

Faire une fausse couche provoque "une immense peine", écrit-elle. C'est quelque chose qui reste "tabou, couvert d'un sentiment de honte injustifié, perpétuant un cycle de deuil solitaire".

"La seule manière de permettre à quelqu'un de commencer à panser ses blessures est d'abord de lui demander: comment vas-tu?", explique-t-elle en référence aux efforts du prince Harry pour la réconforter en juillet alors qu'elle se trouvait encore à l'hôpital.

"Certaines ont eu le courage de raconter leurs histoires: elles ont ainsi ouvert la voie, sachant qu'en disant la vérité elles allaient permettre à d'autres de le faire aussi", souligne l'ancienne actrice.

S'exprimant aussi sur la pandémie de Covid-19, le mouvement "Black Lives Matter" ("Les vies noires comptent") et l'élection américaine mouvementée, la duchesse de Sussex a voulu transmettre un message d'espoir.

"Pour la première fois depuis longtemps, nous prenons conscience l'un de l'autre en tant qu'êtres humains", témoigne-t-elle.

Selon l'ONG américaine March of Dimes, 10 à 15% des grossesses finissent en fausses couches. Un tabou qu'espèrent lever d'autres associations venant en aide aux familles, comme Mariposa Trust, qui a salué le "courage" de Meghan Markle.

"Cela permet aux gens d'appréhender un sujet qui n'est pas souvent évoqué", a commenté la responsable de l'association britannique, Zoe Clark-Coates.

- "Sentiment de perte" -

Meghan Markle, dont la mère est afro-américaine, revient par ailleurs dans sa tribune sur les morts de Breonna Taylor et George Floyd, tués par des policiers au printemps.

"Nous avons tous été tourmentés en 2020 par un douloureux sentiment de perte, alors même que nous devions faire face à des situations à la fois dures et handicapantes", fait-elle valoir.

L'ancien actrice faisait référence aux événements liés à la pandémie et aux chiffres record de contamination aux Etats-Unis, et notamment en Californie, d'où elle est originaire.

L'épouse du prince Harry était sortie une première fois de son silence début juin, dans une vidéo de six minutes adressée aux jeunes diplômés de son ancien lycée à Los Angeles, disant alors ne plus pouvoir se taire sur les victimes noires de brutalités policières.

Elle avait mentionné les cas de Breonna Taylor et George Floyd et plus largement le racisme et les violences policières aux Etats-Unis, dont elle disait avoir elle-même été témoin durant sa jeunesse en Californie.

- Vie privée -

Cette tribune extrêmement personnelle intervient alors qu'elle mène avec son époux une bataille judiciaire contre des médias qu'ils accusent de porter atteinte à leur vie privée.

Le prince Harry, sixième dans l'ordre de succession à la couronne britannique, a dénoncé à de multiples reprises la pression des médias sur son couple et en a fait la raison principale de sa mise en retrait de la famille royale, annoncée en janvier et effective début avril.

L'Américaine de 39 ans reproche notamment à Associated Newspapers - qui édite le Mail Online, le Daily Mail et sa version dominicale Mail on Sunday - d'avoir porté atteinte à sa vie privée en publiant des extraits d'une lettre adressée à son père, Thomas Markle, en août 2018.

Installé depuis en Californie, le couple est en guerre ouverte contre la presse et a porté plainte en juillet contre une agence américaine qu'ils accusent d'avoir photographié leur fils Archie dans leur jardin.

Le prince de 36 ans a aussi engagé des poursuites judiciaires séparées contre un autre tabloïd britannique, le Daily Mirror, pour des piratages téléphoniques présumés.

La tribune de la duchesse de Sussex rappelle une autre de l'actrice Angelina Jolie, également dans le New York Times, annonçant en 2013 qu'elle avait subi de façon préventive une ablation des seins face à un risque très élevé de cancer. L'actrice avait choisi de le révéler "pour que d'autres femmes puissent bénéficier de (son) expérience".