Vendredi 12 février 2021

Origine, genre ou handicap: lancement du première plateforme nationale contre les discriminations

Elisabeth Moreno, la ministre déléguée chargée de l'Egalité, a inauguré vendredi avec la Défenseure des droits Claire Hédon une première plateforme nationale de signalement des discriminations, un projet annoncé par l'exécutif après l'agression par des policiers du producteur noir Michel Zecler.

"Cette plateforme permet d'avoir une oreille et une personne qui puissent vous accompagner grâce à ce guichet unique à travers tous les services de l'Etat, toutes les associations qui luttent contre les discriminations", a résumé la ministre lors de sa visite.

La plateforme antidiscrimination.fr accompagne depuis vendredi matin gratuitement les victimes de discriminations quelles qu'elles soient: origine, genre, orientation sexuelle ou encore handicap.

Pour rétablir le discriminé dans ses droits, elle est habilitée à engager une médiation avec les "discriminants, qu'il s'agisse d'un employeur, d'un service public ou privé ou bien même d'une agence immobilière".

La plateforme est également accessible par un numéro de téléphone à quatre chiffres, le 3928.

A la mi-journée, plus de 200 appels avaient déjà été enregistrés par l'équipe de médiateurs et de juristes à l'autre bout du fil ou du tchat. Ces appels concernaient pêle-mêle des questions sur un retour de congé maternité, le suivi de dossiers déjà déposés devant une administration ou concernant les propos racistes d'un employeur, a constaté une journaliste de l'AFP.

"L'idée, c'est d'écouter, de poser des questions, d'accompagner et d'orienter, et de mettre l'accent sur la différence avec les propos haineux ou les violences", a de son côté insisté Claire Hédon, la Défenseure des droits, une autorité administrative indépendante.

Certaines associations comme la Maison des Potes ou SOS Racisme plaident pour un élargissement de la lutte contre les discriminations au-delà de l'accompagnement ou de l'écoute des victimes.

"C'est important de rétablir le discriminé dans ses droits, mais aussi de travailler massivement sur les discriminants et même parfois sur les systèmes institués de discriminations", a indiqué à l'AFP Dominique Sopo, président de SOS Racisme.

Selon M. Sopo, "les médiations doivent être réservées à des situations particulières, et quand il y a matière à plainte, ce que nous réclamons en priorité ce sont des dispositifs de police ou judiciaires adaptés, avec la formation d'effectifs spécialisés", a-t-il insisté.

"C’est une chose de régler les problèmes des personnes qui sont victimes de discrimination, mais nous réclamons aussi des sanctions suffisamment importantes pour qu'elles soient dissuasives", a ajouté Mme Hédon.