Mardi 09 mars 2021

Rixe dans le Val-de-Marne: gardes à vue prolongées, un adolescent dans le coma

Les gardes à vue de quatre mineurs interpellés après une rixe entre bandes lundi à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) qui a fait deux blessés graves, dont un actuellement dans le coma, ont été prolongées mardi soir, a indiqué le parquet de Créteil, contacté par l'AFP.

Soupçonnés de "tentative d'homicide volontaire", trois des gardés à vue sont nés en 2005, le quatrième en 2004, a précisé le parquet.

Lundi en fin d'après-midi, deux groupes de jeunes originaires de deux quartiers de Champigny-sur-Marne, une ville de 77.000 habitants située à une douzaine de kilomètres à l'est de Paris, se sont affrontés en pleine rue à coups de couteaux et à coups de poings.

Dans la rixe, deux adolescents de 14 et 16 ans ont été grièvement blessés.

Le plus jeune, âgé de 14 ans et touché notamment à l'aine, est toujours hospitalisé mais tiré d'affaire, a indiqué une source policière à l'AFP, ce qu'a confirmé le parquet de Créteil. L'autre, 16 ans et blessé entre autre au thorax, a été "placé dans le coma artificiel".

Ces deux Campinois viennent de quartiers "rivaux" de la ville, selon les termes d'une autre source policière: le plus jeune du quartier des Mordacs, le second des Boullereaux. "Entre les Boullereaux et Mordacs, il y a des rivalités historiques, régulièrement des échauffourées mais jamais deux ados gravement blessés", a commenté cette seconde source policière.

Cette violente bagarre intervient deux semaines après deux autres rixes, celles-ci mortelles, dans le département voisin de l'Essonne les 22 et 23 février. Deux adolescents de 14 ans y avaient été tués en moins de vingt-quatre heures.

Ces drames avaient jeté un coup de projecteur sur le phénomène de bandes de jeunes, aux affrontements fréquents mais rarement mortels.

- "Manque de dialogue" -

Dans la foulée de ces deux règlements de comptes, le gouvernement avait décrété une mobilisation générale pour établir un plan de lutte contre les bandes qui doit être adopté d'ici au 1er mai.

Le président du Conseil départemental du Val-de-Marne Christian Favier (PCF) a appelé mardi à "un engagement sans faille de l'ensemble des pouvoirs publics" pour lutter contre des "violences insupportables".

Le maire de Champigny-sur-Marne (DVD) Laurent Jeanne a lui appelé sur France Info à "l'apaisement dans les quartiers". "On veut absolument éviter tout embrasement", a-t-il déclaré.

Des associations travaillent sur le terrain en ce sens. Dès le soir du drame, "on a rencontré des jeunes dans les deux quartiers" mais, "à l'heure actuelle, on n'a pas d'info sur l'élément déclencheur", a expliqué à l'AFP Samir Rekab, président de Champigny Jeunesse.

"Je pense qu'il y a un manque de dialogue alors qu'on habite tous la même ville. Il faut qu'on se sente Campinois et non plus habitant d'un quartier", a ajouté ce responsable associatif. "Il y a des embrouilles de quartiers mais on n'est pas dans le Bronx", a-t-il tenu à nuancer, "à Champigny, les gens se rencontrent par exemple dans des matchs de foot".

"Il faut rouvrir les structures, rouvrir les gymnases, tout ce qui est extra-scolaire", a aussi prôné Zineddine Khemici, président de l'association Les quartiers du coeur, pour qui ces activités permettraient "d'extérioriser toute (la) colère".

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