Vendredi 29 janvier 2021

Séparatisme: le RN veut bannir les "idéologies islamistes" et interdire le voile

Le Rassemblement national veut bannir les "idéologies islamistes" et interdire dans tout l'espace public le port du voile, dans son contre-projet sur le séparatisme présenté vendredi par Marine Le Pen.

Le projet de loi du gouvernement renommé "confortant les principes républicains", qui sera débattu à l'Assemblée à partir de lundi, "touche toutes les religions", déplorent les députés RN, qui ont rédigé une proposition de loi visant spécifiquement "à combattre les idéologies islamistes".

"Depuis plusieurs décennies les pouvoirs successifs ont laissé s'installer en France la menace et la terreur islamistes" qui "cherchent à ériger en France un contre-modèle de société reposant sur des idéologies totalitaires", estiment les élus d'extrême droite.

Cette "offensive a pris une telle ampleur qu'elle met désormais en jeu l'équilibre de notre société et même jusqu’à la concorde civile", selon eux.

Le texte balaie "l'ensemble des champs d’activité économique, sociale, culturelle" dans lesquels le RN considère que "les idéologies islamistes sont d'ores et déjà présentes ou pourraient s'infiltrer".

Dans son article 1er, il entend "interdire" la "pratique, la manifestation ainsi que la diffusion publique" - au cinéma, dans la presse, les bibliothèques ou à l'école - des "idéologies islamistes".

Le RN ne définit pas précisément ces "idéologies" mais les caractérise par leur "incompatibilité" avec les "droits, libertés et principes" de la Constitution, par leur "refus de respecter la laïcité de l’Etat", ou encore par "les facteurs de scission majeurs qu'elles induisent".

Proposition ancienne du RN, le texte interdit les "tenues islamistes", comme le voile, dans tout l’espace public, un sujet qui a déjà animé les débats sur le projet gouvernemental en commission spéciale, avec des amendements de députés LREM visant à interdire son port pour les petites filles.

Il empêche tout "financement" et "prosélytisme" dans la fonction publique.

Dans la sphère privée de l'entreprise, il autorise le licenciement des salariés ayant "diffusé (ces) idéologies" et protège pénalement le salarié qui "révèle ou signale une violation de la présente loi".

Plusieurs articles visent à "éloigner du territoire français les étrangers islamistes", et autorisent la dissolution "des organisations défendant les idéologies islamistes" et la fermeture de lieux de culte.

Le parti fait aussi de tout délit ou crime liés à ces idéologies "une circonstance aggravante", crée une "peine complémentaire d'indignité nationale", et autorise pour le même motif le retrait de la nationalité française.