Mercredi 17 mars 2021

Vers un confinement total ou le week-end pour l'Ile-de-France et les Hauts-de-France

Par Laurence BENHAMOU, Jérémy MAROT

POOL/AFP - Yoan VALAT

Un confinement total ou seulement le week-end en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France ? Face à une nouvelle flambée de l'épidémie du Covid-19, Emmanuel Macron s'apprête à prendre "des mesures supplémentaires" applicables dès ce week-end et qui seront annoncées jeudi après d'ultimes arbitrages.

Il reviendra au Premier ministre Jean Castex d'annoncer jeudi à 18 heures ces nouvelles restrictions. Elles "peuvent aller jusqu'à un confinement", mais a priori sans fermeture des écoles, dans ces deux régions où habitent 18 millions de Français, a précisé mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à l'issue d'un Conseil de défense et d'un Conseil des ministres.

En attendant l'exécutif consulte tous azimuts pour recueillir notamment l'avis des élus de ces deux régions, et des départements contigus.

"On prendra les décisions qu'on doit prendre", a affirmé M. Macron à des soignants lors d'une visite dans un hôpital de Poissy, dans les Yvelines, en précisant que les mesures devant être annoncées jeudi seraient "proportionnées" et "territorialisées".

"Le président a dit que cela allait taper dur jusqu'à la mi-avril", a rapporté dans le soirée le maire (DVD) de Poissy Karl Olive, à l'issue d'une visio-conférence avec des édiles de plusieurs régions autour de M. Macron. Selon M. Olive, le chef de l'Etat a estimé que "la bascule vers une vie plus normale peut se faire la deuxième quinzaine de mai" avec ensuite "une graduation des ouvertures, d'abord les musées, les terrasses, les salles de spectacle, les restaurants et enfin les boîtes de nuit".

Dès mardi soir, Jean Castex avait clairement laissé entendre que l'option d'un reconfinement pourrait être prise pour Paris et sa région.

Contacté mercredi midi par le ministre de la Santé Olivier Véran, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand a, lui, affirmé sur BFMTV que deux options lui avaient été présentées: "soit un confinement le week-end", comme celui qui prévaut actuellement dans le Pas-de-Calais par exemple, "ou un confinement comme au mois de novembre" durant toute la semaine. La présidente de la Région Ile-de-France Valérie Pécresse s'est, elle, prononcée pour un confinement le week-end plutôt que total auprès de M. Castex.

- Plus de 38.000 contaminations -

En PACA, où Nice et le littoral des Alpes-Maritimes sont déjà confinés le week-end, il n'y aura en revanche "pas de mesures supplémentaires", a fait savoir M. Attal.

Pour l'Ile-de-France et les Hauts-de-France, M. Attal a précisé qu'"en l'état des discussions qui ont eu lieu", la fermeture des établissements scolaires "ne fait pas partie de la base de travail".

Jean Castex, qui consultait les présidents de groupes parlementaires à l'Assemblée et au Sénat, n'exclut pas non plus un texte avant le 1er juin pour prolonger l'état d'urgence sanitaire, ont indiqué des participants à l'AFP.

Patrick Kanner, chef de file des sénateurs PS, a confirmé à l'AFP que M. Castex avait évoqué une "logique territoriale et différenciée". "L'hypothèse d'un confinement national, a ajouté M. Kanner, n'est pas envisagée à ce stade mais pas exclue" si les données continuaient à évoluer défavorablement dans les autres régions, alors que le nombre de nouvelles contaminations en France était en forte hausse mercredi à 38.501 en 24 heures.

Alors que toute la France est déjà sous couvre-feu, l'exécutif a tout fait pour retarder des restrictions supplémentaires.

Des transferts de malades vers des régions moins touchées ont été organisés, les hôpitaux déprogramment des opérations et mobilisent des lits des cliniques privées.

Mais ces déplacements de malades s'avèrent plus compliqués que prévu: seuls dix patients ont été transférés hors d'Ile-de-France en trois jours, selon le directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch, qui a indiqué qu'"à peine plus de 10%" des malades en réanimation étaient "suffisamment stables" pour cela et que des familles étaient réticentes.

"Le gouvernement a réalisé qu'on était au pied du mur et que si on ne faisait rien, on courait à la catastrophe", a averti le professeur Rémi Salomon, président de la commission médicale de l'AP-HP.

Les chiffres restent effectivement mauvais: outre la hausse du nombre de contaminations, le taux d'incidence a de nouveau grimpé à 425 nouveaux cas de contamination pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours dans la région parisienne (505 en Seine-Saint-Denis), bien au-dessus du seuil dit d'"alerte maximale" des autorités sanitaires (250).

- Une crise à 160 milliards -

Au total, 4.219 malades du Covid-19 étaient en réanimation mercredi en France, un nombre en très légère baisse par rapport à mardi (-20) qui marquait un pic inédit depuis novembre dernier. Un quart de ces patients en réanimation (1.161) sont hospitalisés en Ile-de-France.

Les services de réanimation sont également quasiment saturés dans les Hauts-de-France et en Provence Alpes-Côtes d'Azur, alors que le pays a dépassé la barre des 91.000 morts.

Pour sortir de la crise, qui a coûté plus de 160 milliards d'euros l'an dernier selon le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt, la France compte sur la vaccination de masse, freinée depuis lundi par la suspension surprise du vaccin d'AstraZeneca, dans le sillage de l'Allemagne.

"Nous avons des raisons de croire" que l'Agence européenne du médicament qui doit rendre un avis jeudi "continuera à autoriser l'utilisation du vaccin AstraZeneca", a assuré mercredi M. Attal en se disant "optimiste".

Sur plus de 5,2 millions de premières doses injectées en France, 1,3 million proviennent d'AstraZeneca, les autres des vaccins de Pfizer/BioNTech et Moderna.

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